Le salaire d’un médecin spécialiste en France varie considérablement selon la spécialité, le mode d’exercice (libéral ou salarié), le secteur conventionnel et la région. Voici un comparatif complet et actualisé pour 2025.
Salaires par spécialité : vue d’ensemble
Les données suivantes proviennent de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) et de la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France).
Spécialités chirurgicales
| Spécialité | Revenu net libéral moyen | Secteur habituel |
|---|---|---|
| Chirurgien cardiovasculaire | 12 000 – 22 000 €/mois | Secteur 2 |
| Neurochirurgien | 10 000 – 18 000 €/mois | Secteur 2 |
| Chirurgien orthopédiste | 9 000 – 16 000 €/mois | Secteur 2 |
| Chirurgien viscéral | 7 000 – 14 000 €/mois | Secteur 2 |
| Ophtalmologue | 8 000 – 15 000 €/mois | Secteur 2 |
| Gynécologue obstétricien | 6 000 – 12 000 €/mois | Secteur 1 ou 2 |
| ORL | 6 000 – 11 000 €/mois | Secteur 2 |
| Urologue | 7 000 – 13 000 €/mois | Secteur 2 |
Spécialités médicales non chirurgicales
| Spécialité | Revenu net libéral moyen | Secteur habituel |
|---|---|---|
| Radiologue | 12 000 – 20 000 €/mois | Secteur 2 |
| Cardiologue libéral | 8 000 – 15 000 €/mois | Secteur 2 |
| Dermatologue | 7 000 – 13 000 €/mois | Secteur 2 |
| Gastro-entérologue | 6 000 – 11 000 €/mois | Secteur 1 ou 2 |
| Pneumologue | 5 500 – 9 000 €/mois | Secteur 1 ou 2 |
| Endocrinologue | 5 000 – 8 500 €/mois | Secteur 1 |
| Neurologue | 5 000 – 9 000 €/mois | Secteur 1 ou 2 |
| Rhumatologue | 5 000 – 8 000 €/mois | Secteur 1 |
| Psychiatre libéral | 6 000 – 10 000 €/mois | Secteur 1 (souvent) |
| Médecin généraliste (MEP) | 7 000 – 11 000 €/mois | Secteur 1 |
Libéral vs salarié : quelle différence de revenu ?
Médecin spécialiste salarié à l’hôpital public (PH)
Les praticiens hospitaliers (PH) sont des fonctionnaires hospitaliers soumis à une grille salariale fixée par décret.
| Échelon | Ancienneté | Émoluments bruts | Net estimé |
|---|---|---|---|
| PH 1er échelon | Début | 5 910 € | ~4 500 € |
| PH 5e échelon | ~10 ans | 7 340 € | ~5 500 € |
| PH 8e échelon | ~20 ans | 9 250 € | ~6 800 € |
À ces émoluments s’ajoutent les gardes et astreintes (400 à 1 200 €/mois selon la spécialité et l’activité), ainsi que les PDSA (permanence des soins en établissement).
Médecin spécialiste en clinique privée (secteur non lucratif ou lucratif)
Les cliniques privées salarient des spécialistes avec des packages souvent supérieurs aux CHU :
- Salaire fixe + part variable sur l’activité
- Packages : 80 000 – 180 000 € brut annuels selon la spécialité
- Avantages en nature (voiture de fonction, intéressement)
Radiologue : la spécialité la mieux rémunérée ?
La radiologie libérale est structurellement la spécialité la plus lucrative en France :
Pourquoi ?
- Actes techniques très bien cotés à la CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux)
- Volume élevé d’actes par jour (scanner, IRM, mammographie, interventionnel)
- Secteur 2 quasi systématique
- Télériologie (lecture d’images à distance) très productive
Un radiologue libéral associé dans un centre d’imagerie peut atteindre 15 000 à 25 000 €/mois net, voire davantage en radiologie interventionnelle.
Le classement de l’internat : une clé déterminante
Le revenu futur est largement conditionné par le rang au concours national de l’ECNi (Épreuves Classantes Nationales Informatisées) :
- Top 500 : accès aux spécialités les plus lucratives (chirurgie cardiovasculaire, radiologie, ophtalmologie, dermatologie)
- 500–2 000 : chirurgie orthopédique, cardiologie, gastro, anesthésie
- 2 000–5 000 : médecine générale, pédiatrie, psychiatrie, spécialités médicales moins demandées
- Au-delà : médecine générale principalement
La corrélation entre rang ECNi et revenu moyen 15 ans après est documentée : les spécialités à fort dépassement d’honoraires (secteur 2) sont statistiquement choisies par les mieux classés.
Impact de la localisation sur les revenus
| Zone | Impact |
|---|---|
| Paris et grandes métropoles | Patientèle abondante mais concurrence élevée et charges locatives importantes |
| Villes moyennes (100 000–500 000 hab.) | Bon équilibre : file active suffisante, charges modérées |
| Zone rurale sous-dense | Aides à l’installation, moins de concurrence, revenus variables |
Pour un généraliste, la zone sous-dense peut paradoxalement être plus rentable grâce aux aides (PTMG, CDE) et à une patientèle captive.
L’évolution des revenus au cours de la carrière
| Phase | Revenu net estimé |
|---|---|
| Internat (3e cycle) | 1 800 – 3 500 € (selon niveau) |
| Chef de clinique / AHU | 3 500 – 5 000 € |
| Jeune PH ou jeune libéral (1–3 ans) | 4 500 – 7 000 € |
| Médecin établi (10 ans) | 7 000 – 15 000 € |
| Médecin senior libéral avec associés | 10 000 – 25 000 € |
La progression est forte entre l’installation et la pleine activité. Les médecins libéraux n’ont pas de plafond légal — certains spécialistes secteur 2 avec activité interventionnelle lourde dépassent 30 000 €/mois net.
Charges et cotisations à déduire
Les revenus bruts des libéraux doivent être pondérés par des charges importantes :
| Charge | % des recettes approximatif |
|---|---|
| Cotisations sociales CARMF + URSSAF | 28 – 35 % |
| Loyer et charges du cabinet | 5 – 10 % |
| Personnel (secrétaire, aide médicale) | 8 – 15 % |
| Matériel, assurance, comptable | 3 – 7 % |
| Charges totales | 45 – 60 % des recettes brutes |
Un médecin généraliste avec 400 000 € de recettes annuelles peut espérer un revenu net imposable de 180 000 à 220 000 €.
Synthèse
Les revenus des médecins spécialistes en France sont parmi les plus élevés des professions de santé, mais avec une forte dispersion selon la spécialité, le statut et la localisation. La radiologie et les spécialités chirurgicales secteur 2 dominent. L’hôpital public offre la sécurité d’emploi mais des revenus plafonnés. Le libéral offre des perspectives de revenus supérieures au prix d’une gestion entrepreneuriale plus exigeante.