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Remèdes naturels

Faire baisser le potassium : ce qui aide, ce qui est dangereux

Faire baisser le potassium : pourquoi l'hyperkaliémie est une urgence, l'intérêt de la double cuisson et le danger des sels de régime.

27 août 2026 9 min de lecture
Potassium Remède de grand-mère Hyperkaliémie Maladie rénale Alimentation
Légumes (courgette, oignons rouges, pomme de terre, courge) posés sur un tabouret ancien devant un mur blanc

Un taux de potassium élevé dans le sang (hyperkaliémie) ne se traite pas avec un remède de grand-mère : au-delà d’un certain seuil, c’est une urgence vitale, prise en charge à l’hôpital. En revanche, quand une maladie rénale ou un traitement impose de surveiller le potassium, deux mesures maison sont réellement utiles et recommandées en néphrologie : le trempage puis la double cuisson des légumes, et l’éviction stricte des « sels de régime », qui sont en fait du chlorure de potassium (Anses).

Points clés à retenir

  • L’hyperkaliémie sévère (potassium ≥ 6 mmol/L) peut provoquer un trouble du rythme cardiaque : elle est le plus souvent sans symptôme et se traite en urgence à l’hôpital
  • Les « sels de régime » et « sels sans sodium » sont du chlorure de potassium : dangereux en cas de maladie rénale, d’insuffisance cardiaque ou d’hypertension traitée
  • Couper les légumes et pommes de terre en petits morceaux, les faire tremper puis les cuire dans un grand volume d’eau que l’on jette, réduit nettement leur teneur en potassium
  • Les tisanes « détox rein » et le jeûne sont à éviter : plusieurs plantes sont riches en potassium ou toxiques pour le rein, et le jeûne libère du potassium
  • Ne jamais arrêter soi-même un traitement du cœur ou de la tension parce que le potassium monte : c’est au médecin d’ajuster

Pourquoi il ne faut pas improviser

Le potassium est éliminé en grande partie par les reins. On parle d’hyperkaliémie au-delà de 5,0 à 5,5 mmol/L ; au-delà de 6,0 à 6,5 mmol/L, elle est sévère et peut aller jusqu’au trouble du rythme cardiaque, voire l’arrêt cardiaque (Manuels MSD). Elle est le plus souvent asymptomatique : ressentir des signes (faiblesse musculaire, palpitations, fourmillements) est déjà un critère de gravité.

Les situations à risque sont la maladie rénale chronique (surtout en dialyse), l’insuffisance cardiaque, le diabète, et certains médicaments qui réduisent l’élimination du potassium : IEC et sartans (traitements de la tension et du cœur), diurétiques épargneurs de potassium (spironolactone, amiloride), anti-inflammatoires. Une hyperkaliémie aiguë sévère se traite en milieu hospitalier (calcium en intraveineuse pour protéger le cœur, insuline-glucose, parfois dialyse) : aucun remède maison n’a sa place ici.


Les mesures maison réellement utiles

Le trempage et la double cuisson

Le potassium des légumes est soluble dans l’eau. En pratique, cette technique est recommandée en néphrologie et en diététique rénale (ameli.fr) :

  1. Épluchez et coupez en petits morceaux les pommes de terre et légumes.
  2. Faites-les tremper dans un grand volume d’eau, si possible plusieurs heures, en changeant l’eau.
  3. Cuisez dans un grand volume d’eau non salée, jetez cette eau, puis terminez éventuellement la cuisson dans une nouvelle eau.

Cette technique fait passer une partie importante du potassium dans l’eau de cuisson. Elle ne dispense pas de limiter par ailleurs les aliments les plus riches.

Éviter les « sels de régime »

Les produits vendus comme « sel de régime », « sel sans sodium » ou « sel diététique » remplacent le sodium par du chlorure de potassium. Chez une personne insuffisante rénale, insuffisante cardiaque, hypertendue sous IEC, sartan ou diurétique, ou simplement âgée, ils peuvent déclencher une hyperkaliémie sévère (Anses). L’Assurance Maladie le dit elle aussi clairement : « n’utilisez pas de sel de régime qui peut être dangereux en cas d’insuffisance rénale » (ameli.fr).

Adapter les apports, avec un diététicien

En cas de maladie rénale, la restriction en potassium est individualisée, encadrée par un diététicien de préférence spécialisé. On limite sans supprimer les aliments très riches : banane, fruits secs et oléagineux, chocolat, légumineuses, pommes de terre et frites, concentré de tomate, café soluble, jus de fruits et de légumes, potages et bouillons. Voir aussi aliments riches en potassium pour repérer les sources principales.


Les « remèdes » à éviter absolument

RemèdePourquoi l’éviter
Tisanes « diurétiques » ou « détox rein » (pissenlit, ortie, prêle, queues de cerise)Déconseillées en cas de maladie rénale ; ortie, pissenlit et prêle sont eux-mêmes riches en potassium, et certaines plantes sont toxiques pour le rein
Jeûne, « cure détox » des reinsLe jeûne et les états de privation libèrent le potassium contenu dans les cellules ; la restriction d’eau réduit l’élimination rénale
Manger une banane ou boire de l’eau de coco « pour rééquilibrer »Ce sont parmi les aliments les plus riches en potassium : exactement l’inverse de ce qu’il faut
Bicarbonate de soude en automédicationLe bicarbonate est parfois utilisé par le médecin en cas d’acidose, mais pris seul il apporte une charge de sodium qui aggrave l’hypertension et la rétention d’eau
Jus de citron, vinaigre de cidreAucun effet démontré sur le taux de potassium

Le vrai parcours de soin

  • Confirmer l’hyperkaliémie par une prise de sang (un garrot trop serré ou un prélèvement abîmé peut fausser le résultat).
  • Rechercher la cause et revoir les médicaments en cause avec le médecin — jamais de son propre chef : arrêter seul un IEC ou un sartan peut être plus dangereux que l’hyperkaliémie elle-même.
  • Adapter l’alimentation avec un diététicien.
  • Traitements médicaux si besoin : chélateurs (résines échangeuses de potassium ou agents plus récents mieux tolérés), correction d’une acidose, et dialyse en cas d’insuffisance rénale avancée.

Quand appeler le 15

Appelez les secours en cas de :

  • palpitations, malaise, essoufflement
  • faiblesse ou paralysie musculaire d’installation rapide, fourmillements
  • taux de potassium connu ≥ 6 mmol/L ou anomalie signalée sur un électrocardiogramme

Consultez rapidement si vous êtes dialysé et avez manqué une séance, ou si une fatigue inhabituelle apparaît après l’introduction d’un traitement de la tension ou du cœur.


FAQ — Faire baisser le potassium avec un remède de grand-mère

Un remède maison peut-il faire baisser rapidement le potassium ?

Non. Une hyperkaliémie aiguë est une urgence médicale, traitée à l’hôpital. À domicile, on agit sur la prévention : alimentation adaptée, double cuisson, éviction des sels de régime.

La banane est-elle la principale coupable ?

Chez une personne aux reins sains, l’alimentation ne provoque pas d’hyperkaliémie. Les causes principales sont la maladie rénale et certains médicaments. La banane est simplement un aliment riche en potassium à surveiller dans ce contexte.

Le « sel de régime » est-il un bon substitut au sel ?

Non en cas d’insuffisance rénale, d’insuffisance cardiaque ou d’hypertension traitée par IEC, sartan ou diurétique : c’est du chlorure de potassium, avec un risque d’hyperkaliémie grave.

Faut-il bannir tous les fruits et légumes ?

Non. La restriction est individualisée avec un diététicien, et le trempage puis la double cuisson réduisent nettement la teneur en potassium des légumes et des pommes de terre.

Les tisanes « détox rein » aident-elles ?

Non, et elles peuvent nuire : plusieurs plantes sont riches en potassium ou toxiques pour le rein, et les plantes diurétiques sont déconseillées en cas d’insuffisance rénale.

Puis-je arrêter mon traitement de la tension si mon potassium monte ?

Jamais de votre propre initiative. C’est au médecin d’ajuster la dose, de corriger la cause ou d’ajouter un chélateur de potassium.


Cet article a une visée d’information générale et ne remplace pas une consultation médicale.

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